Le défi des 109 jours

Le défi des 109 jours : Faire sortir nos loisirs créatifs du placard (même quand l’énergie manque)

Le petit monde dans mon placard

Quand je regarde mon placard, ça me fascine. J’ai chez moi des piles de boîtes et de carnets de trucs en tous genres. Du matériel, acheté ici et là, gardé, récupéré, dans l’espoir qu’un jour je trouverai le temps d’en faire « quelque chose ».

Créer. Les matières, les couleurs. La texture du papier sous mes doigts, la sensation des perles qui roulent, les fils de coton indisciplinés qui finissent toujours par s’emmêler, même en ayant pris soin de bien les ranger. Les centaines de crayons. Un petit monde, presque un écosystème, là, dans des boîtes en plastique.

Et puis la frustration. Ouvrir une boîte comme une enfant pour redécouvrir ce qui s’y cache. Sourire, toucher, fouiner. Rêver à des idées. Quelle heure est-il ? Ah mince, il faut que j’aille faire autre chose de plus important.

Je referme la boîte, à contrecœur. Je la range délicatement sur son étagère. Je caresse son couvercle comme s’il était magique ou que son contenu renfermait le plus grand des secrets. Comme si, en la déposant plus doucement, je pouvais retarder le moment où la bulle d’émerveillement autour de moi éclatera. 1, 2, 3, soleil. Laissez-moi encore quelques secondes ici, devant cette étagère, à rêver à faire des trucs.

Le problème n’est pas vraiment le temps

Une main repose entre un téléphone retourné et une boîte de loisirs créatifs encore fermée, sur une table en fin de journée.

Parfois, je me dis que ce n’est pas juste. Moi, j’ai toujours eu une « âme d’enfant ». J’ai toujours aimé jouer, griffonner, coller, découper, écrire, bien sûr. Mais c’est nul d’être adulte. On a à présent les sous pour pouvoir remplir le placard, mais pas une minute à nous pour l’ouvrir. Enfin, pas exactement, si je suis honnête. Le temps, on peut le trouver. Quelques minutes le soir. Quelques heures le week-end. Devant un film. Ce n’est pas vraiment le temps, le problème. C’est la fatigue, je crois. Mentale. Celle qui te fait dire : « J’adorerais gribouiller des trucs dans mon carnet ou enfiler des perles ce soir. Mais me perdre sur Insta, TikTok ou devant une série pendant une heure est beaucoup plus facile. »

Pourtant, quand elles sont choisies par défaut, ces activités ne nous ressourcent pas toujours. Parfois, elles font semblant. C’est un leurre. Mais bon Dieu que c’est réconfortant quand on n’a plus deux neurones qui se touchent à la fin de la journée ou de la semaine. Je serais bien incapable de ressortir mes boîtes, de chercher un projet, de le commencer et encore moins d’aller au bout. Rien que l’idée de devoir choisir quoi faire, de prendre une décision de plus, me semble insurmontable et me donne de l’urticaire. Foutez la paix à ma charge mentale.

Le piège de la créativité parfaite

Alors je regarde les autres créer sur Insta, tu sais ? Ces gens qui ont fait d’un loisir un art. Des pros de la créativité, avec des projets tous plus fous les uns que les autres. Et qui me font me sentir très, très, très nulle plutôt que de me donner envie de m’y mettre, en fait. C’est beau, hein. Mais je ne sais pas faire ça, moi. Et non, je n’ai pas envie de tout plaquer pour ouvrir une boutique Etsy.

C’est à croire que, quand on parle d’artisanat et de loisirs créatifs, il n’existe que deux catégories : les gens qui pratiquent depuis toujours et font des trucs incroyables, et les gens qui nous expliquent qu’on peut tout plaquer pour vivre de la vente en ligne de nos créations faites main.

Moi, je ne rentre dans aucune de ces deux catégories. Est-ce un crime de juste vouloir sortir mes activités créatives du placard pour m’amuser un peu ? Peut-être créer un petit truc sympa, être fière de mes trois perles qui se battent sur un fil, parce que c’est moi qui l’ai fait. De mes quelques mots posés en poème sur un carnet, parce que ce sont les miens. Sans forcément vouloir devenir la nouvelle artiste en vogue ou démissionner pour me lancer à mon compte ?

Ce que j’essaie de retrouver

Donc, j’en suis là. Ahahah. Mi-bougon, mi-« bon, ça va aller, hein ». Mais quand même assez remontée pour avoir ouvert un blog sur le sujet ! Faire sortir mes loisirs créatifs du placard. Mais pas n’importe comment. Que ça devienne un jeu, un univers à construire, à découvrir, qui me donne envie de venir m’y réfugier plutôt que de regarder une autre série ou des vidéos des autres… ou de lire mes e-mails devant la télé pour gagner du temps demain.

J’adore jouer. Jeux vidéo, petits jeux de société, mots fléchés, etc. C’est sans doute le truc qui a le mieux survécu à l’épreuve du temps dans ma vie.

J’ador…ais écrire. Oui, ça fait partie de ces activités que je faisais volontiers plus jeune, et j’étais douée ! J’ai même gagné un prix pour l’écriture d’une pièce de théâtre quand j’étais en 3e, dans la classe de madame Lestrauhan, c’est dire ! Ahahah.

Et puis la vie, quoi. L’envie reste. Mais elle n’a pas toujours trouvé sa place face au reste. Ce blog est aussi une manière d’y remédier.

Et puis j’adorais aussi créer : tableaux de photos après les sorties scolaires pour les rapporter à l’école et que tout le monde en profite, bijoux, scoubidous, découpages, dessin… Moi, la rentrée des classes, c’était Noël, en fait : papier, crayons, classeurs, pochettes, étiquettes, stylos-plume et cartouches d’encre assorties me provoquaient bien plus de joie que la dernière paire de Kickers à la mode.

J’aime ma vie. Mais il me manque quelque chose

J’ai 43 ans, le temps passe beaucoup trop vite. Je ne suis plus une gamine (normalement) et je n’ai plus les mêmes responsabilités qu’à 20 ans. J’ai mis du temps à construire mon confort, ma vie perso, ma vie pro. Et même si beaucoup de choses sont envahissantes, même s’il y a les petits et les grands tracas du quotidien, je l’aime, ma vie.

Mais j’étouffe un peu sans cette part de créativité qui ne demande qu’à jaillir du placard. Pas de manière catastrophique. Juste assez pour me dire : bah merde, quoi, 40 balais passés, j’aimerais bien avoir gagné le droit de faire des trucs qui me plaisent, en fait. Je bosse, je gagne ma vie, je joue selon les règles du jeu. Bah, j’aimerais bien profiter un peu, tout simplement.

En revanche, n’en déplaise à tous les discours qui voudraient me faire révolutionner ma vie, je n’ai l’intention ni de larguer les amarres ni de brûler mes navires sous prétexte qu’il faudrait tout dynamiter pour pouvoir… profiter ? Me sentir vivante ? M’amuser ? Avoir le droit à un petit coin à moi, au calme, pour me ressourcer ? Être heureuse ? Je ne sais pas comment appeler ça. Mais je sais que « ça » manque à mon paysage actuel.

Une méthode pour les jours sans énergie

Depuis quelques mois, je réfléchis à une manière d’ouvrir enfin cette armoire créative et d’utiliser ce qu’elle contient. Je voudrais une méthode qui me donne vraiment envie de faire quelque chose et, surtout, qui soit respectueuse de mon niveau d’énergie disponible.

Alors, pas en mode hippie, lâcher-prise, météo intérieure, ça, merci bien.

J’ai vu, j’ai lu, beaucoup de choses. J’ai expérimenté aussi beaucoup de choses. Et oui, c’est super sur le papier. Mais en fait, je ne sais pas comment dire. C’est… éloigné.

De moi, de mes possibilités, de mes envies aussi, en fait, car je n’ai pas vocation à devenir zen et sereine 24 heures sur 24. Ce n’est pas ma personnalité. J’aime bien, moi, quand ça bouge. Juste, bah, on vieillit, quoi, mdr. Parce que, quand je tape des semaines à plus de 50 heures de boulot, oui, je suis plus fatiguée qu’avant. Quand il fait moche, oui, je suis maussade. Et quand arrive le week-end, ma première réflexion n’est plus ce que je vais porter samedi soir sur la piste de danse pour être la reine de la soirée, mais plutôt si mes chaussettes en pilou sont propres. Ahaha. La vie, quoi !

Juste des sas de décompression

Un carnet, quelques perles enfilées et un crayon reposent dans un cercle de lumière chaude au milieu d'une pièce sombre.

Je n’ai pas envie de me promettre une « nouvelle vie faite de créativité », ni à moi ni à toi qui passes lire ces mots. Je ne prétends pas que faire de la place aux activités créatives dans ma vie va me faire atteindre l’illumination ou un nouvel état de conscience. C’est beaucoup plus modeste, comme envie. Juste des sas de décompression. Des moments qui comptent, qui font sens, avec moi-même. Des moments où le temps se laisse déguster, l’espace de quelques mots, de quelques perles, de quelques fils. Rien de grandiloquent. Mais quelque chose qui me redonne de l’air. Simplement être là. Et aimer ça. C’est tout.

109 jours, du coup ?

Alors oui, 109 jours. Parce que, dans mes tribulations de plans machiavéliques pour trouver des solutions à mon manque de créativité, plusieurs sujets ont émergé.

En plus du côté ludique que je voudrais apporter à ce projet, j’aimerais aussi aborder la notion du temps qui passe. Cette réflexion m’a d’abord menée à la notion de recommencement. Puis, de fil en aiguille, aux cycles. Et ensuite, j’ai trouvé que les cycles lunaires racontaient quelque chose de fascinant et de très poétique. Je me suis dit que ça ferait une jolie trame de fond à mon projet.

En continuant mon voyage de pensées, je suis arrivée aux saisons et à la façon dont nous les vivons.

Et puis la machine s’est emballée et j’ai déboulé dans le sujet du calendrier et de sa dictature sur notre temps…

Bref ! Il ne faut pas être dans ma tête, des fois, ça part un peu dans tous les sens !

Toujours est-il qu’une part très philosophique sur la vision de la vie est apparue, et que j’ai à cœur de la partager dans ce projet. Mais attention, c’est la symbolique qui m’intéresse. Pas les croyances, ni l’ésotérisme, ni les méthodes de soin alternatives éventuellement portées par ces sujets. Plutôt la version prise de hauteur, sagesse d’une vie qui avance, réflexion sur soi et sur le monde qui nous porte.

Rendez-vous le 7 janvier

Un fil cuivre traverse l'automne et mène vers une arche ouverte sur un paysage d'hiver sous une lune blanche.

Le défi a commencé le 20 septembre. Au bout de ces 109 jours, nous serons en janvier et nous entrerons dans le cycle de la Lune des Neiges. Ce sera le deuxième cycle de l’hiver, entièrement contenu dans la saison, du 7 janvier jusqu’à la nouvelle lune du 6 février. Ce cycle arrive en plein conflit entre l’hiver naturel et la saison sociale des bonnes résolutions. C’est là, pendant ce moment charnière du début d’année, que je voudrais pouvoir te proposer la toute première aventure créative dans le monde de Limestra.

Les idées sont là. Le jeu, les symboles, l’histoire, les activités et le fil rouge pour les relier sont encore dans l’atelier. Mon défi consiste à leur donner vie et à t’embarquer sur ma planète d’ici au 7 janvier.

Donner une forme concrète à mon idée, à mon projet créatif.

Je vais partager avec toi le concept, la vision, les mécaniques de jeu. Tu vas pouvoir donner ton avis, tester des fragments et me dire ce qui t’aide, ce qui te bloque ou ce qui te donne envie d’aller plus loin. Tes retours vont nourrir la construction de la toute première aventure ludique, narrative et créative, ancrée dans la vraie vie.

Et nous allons ressortir nos loisirs créatifs du placard.

Et toi, qu’est-ce qui dort dans ton placard alors que tu aimerais vraiment t’y remettre ? Dis-moi tout en commentaire !

À très bientôt !

Elodie

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